Pour une console next-gen, la Nintendo Switch 2 coche toutes les cases, ou presque : performances mobiles boostées, efficacité énergétique remarquable, design raffiné et nouvelles fonctionnalités bienvenues comme le Game Chat. Mais derrière ce tableau presque idyllique se cache un talon d’Achille qui entache l’expérience : la qualité décevante de son écran LCD. Un paradoxe surprenant pour une console résolument tournée vers le jeu en mode portable.
Switch 2 : un bond en avant sur le plan matériel
Un SoC performant et bien optimisé
Nintendo fait équipe une nouvelle fois avec Nvidia, et le résultat est globalement convaincant. La puce T239 embarque une architecture Ampere, avec 1 536 cœurs CUDA et des capacités de ray tracing et d’apprentissage automatique.
Le CPU, basé sur des cœurs ARM Cortex A78C, propose un solide bond générationnel, avec des vitesses de 998 MHz en mode dock et 1100 MHz en portable.
Le tout s’accompagne de 12 Go de mémoire LPDDR5X, dont 9 Go disponibles pour les développeurs, un chiffre bien supérieur à celui de la Switch originale. Même si la gravure en 8/10 nm de Samsung est en retrait face aux standards actuels, le rapport puissance/consommation est impressionnant.
Dites-vous que sur un titre exigeant comme Cyberpunk 2077, la Switch 2 livre une expérience fluide en mode portable, avec un rendu en 1080p natif ou via DLSS, tout en restant sous la barre des 10W de consommation.
Une efficacité énergétique remarquable
La Switch 2 est une championne de la sobriété : à peine 22W en dock, 10 à 12W en portable, avec une batterie de 19,75 Wh. Les tests montrent une autonomie de 2,5 heures sur des titres gourmands comme No Man’s Sky, un exploit pour une console hybride moderne.

Mais attention : si vous espérez jouer tout en rechargeant rapidement, la charge reste lente en mode dock lorsque la console tourne à plein régime. En revanche, la recharge en mode portable pendant le jeu est plus efficace avec 25W tirés du chargeur.
Une conception matérielle presque sans faute
Nintendo soigne le design : la console reste légère et maniable, malgré un format plus large. Les Joy-Con révisés gagnent en confort, tandis que la manette Pro frôle la perfection : sticks solides, d-pad précis, autonomie longue. 🎮
L’écran plus grand promettait une immersion renforcée… mais c’est justement là que le bât blesse.
Vous pouvez revoir la présentation de la Switch 2 sur YouTube.
Le point noir : un écran qui ne tient pas ses promesses
Un LCD terne, sans vrai HDR

Alors que le HDR faisait partie des arguments marketing, la réalité est bien moins flatteuse. L’écran LCD bord-éclairé atteint péniblement 420 nits. Résultat : les contrastes sont plats, les hautes lumières quasi absentes. Aucun effet « waouh » à l’horizon.
Comparé à la Switch OLED, la Switch 2 affiche une image plus grande, certes, mais moins nette et bien moins vibrante. Le flou de mouvement est particulièrement marqué, à tel point qu’il rappelle les débuts de la Switch 2017, voire pire 😟.
Des promesses non tenues sur le VRR
La console supporte en théorie le VRR (Variable Refresh Rate), avec une plage de 40-120 Hz et même le LFC (Low Framerate Compensation). Pourtant, aucun des jeux testés (Cyberpunk 2077, No Man’s Sky, Hitman) n’en tire pleinement parti.
Les chutes sous 40 fps se traduisent par des saccades visibles, là où le VRR est censé fluidifier l’expérience. Résultat ? Il vaut souvent mieux verrouiller à 30 fps pour éviter les désagréments. Une grosse déception pour une fonctionnalité pourtant mise en avant.


Des améliorations réseau bienvenues
Nintendo a fait un effort colossal sur la connectivité. En WiFi, la Switch 2 surpasse la Switch OLED avec des vitesses de téléchargement multipliées par 10 : 363 Mbps contre 32,6 Mbps ! 📶
En Ethernet, plus besoin d’adaptateur : la station d’accueil intègre un port natif, avec 720 Mbps atteints en test. Les téléchargements gagnent donc en rapidité.
Persona 4 Golden, par exemple, se télécharge en 7 minutes sur Switch 2 contre 32 minutes sur Switch 1 en WiFi. Une avancée nette qui améliore concrètement la qualité de vie.
Le Game Share : idée brillante, exécution inégale
Une nouveauté séduisante : le Game Share, qui permet à la console de diffuser une session à d’autres joueurs sur le même réseau local, comme un mini-serveur cloud. Mais cette fonction reste peu convaincante dans sa première version.
Sur un jeu rapide comme Fast Fusion, le flux vidéo pour le joueur client est pixelisé (façon YouTube 360p), souffre d’accrocs, de lag et de décalage d’entrée. 😩
Sur des jeux plus lents, l’idée fonctionne mieux. Mais globalement, cette fonctionnalité semble encore immature, avec une qualité d’encodage médiocre, malgré les capacités du moteur vidéo du T239, comparable à celui des RTX 40.
Game Chat : un ajout impressionnant
Parmi les réussites majeures de cette nouvelle génération, le Game Chat tire clairement son épingle du jeu. Jusqu’à quatre joueurs peuvent communiquer avec un rendu audio propre, grâce à l’isolation vocale IA (issue de la technologie Nvidia RTX).
Même dans un environnement bruyant (musique, climatisation), les voix restent nettes. Le système peut même isoler la tête du joueur et l’afficher sur l’écran dans Mario Kart World, une touche originale qui rend les sessions multi bien plus vivantes 🤩
Côté performances, l’impact reste faible sur les jeux bien optimisés. Seuls certains cas dans Cyberpunk 2077 ont révélé un léger effet sur le framerate et uniquement dans des scènes limitées par le CPU. Rien de rédhibitoire.
Encore des défauts logiciels et matériels
Malgré toutes ces avancées, quelques défauts agaçants subsistent :
- Le nouveau système de cartes de jeux virtuelles est confus et moins intuitif que le précédent. Une régression qui complique la navigation dans les bibliothèques fournies.
- Les câbles USB-C fournis sont trop courts, ce qui gêne lors de certaines utilisations. Heureusement, ils sont détachables.
- La qualité des captures vidéo est médiocre, avec des artefacts visibles même sur des scènes fixes. Inacceptable pour 2025.
Une console presque parfaite… mais freinée par son écran
La Switch 2 est puissante, efficace et bien pensée. Le design amélioré, les performances mobiles impressionnantes et les nouvelles fonctionnalités système comme le Game Chat lui donnent une véritable légitimité pour ouvrir un nouveau cycle de vie.
Mais le choix d’un écran LCD médiocre, mal calibré pour le HDR et le VRR, plombe l’expérience portable, pourtant le cœur de l’identité Switch. Dommage, car avec une dalle OLED ou mini-LED de qualité, elle aurait pu s’imposer comme l’appareil de jeu hybride ultime.
Pour l’instant, elle reste une excellente console… mais avec un point faible trop visible pour être ignoré.
Verdict : la Switch 2 impressionne sur presque tous les fronts, sauf celui où on l’attendait le plus. Si Nintendo veut séduire les puristes du portable, il faudra tôt ou tard améliorer cet écran… ou risquer de perdre l’essence même de la Switch.

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