L’argot, la langue d’Audiard : le patois des Parisiens

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L’argot c’est un énorme délire entre nous ! On arrête pas d’en placer dans nos phrases pour faire le debrief de nos week ends ou d’autre chose. Du coup, mine de rien, on est devenu plutôt caler en argotique. Et on s’est dit que ça serait marrant d’écrire un article dans ce jargon. C’est un délire de la rédac et on espère que ça te plaira. 

Comme tous les matins qu’jétais avec Alphonse, on allait récupérer notre maille chez nos brochets, nos macs si tu préfères. Ces canailles essayent toujours de cacher un peu d’avoine (argent) sur eux pour aller coller des timbres (faire des cunilingus) chez la mère Fernand. Du coup on prend toujours l’eustache sur nous pour prévenir. Aucune envie de faire du raisiné avec ces petites frappes, (on prend le couteau histoire d’éviter de faire couler le sang). Ça en vaut pas la peine.

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Au coin de Pigalle et Barbès, près du lupanar de Suzi, on a prit le flouz du macqueraud, puis on s’est barré avant que les lets-pou se pointent. Vite fait on a fait déguerpir les te-pu et fermer la devanture, rendez-vous ce soir messieurs. « Et vous mes colombes soyez gentilles avec ces gens ! J’ai encore eu des plaintes » qu’j’leur ai dit. « Avoir une meniche c’est simple, mais savoir s’en servir c’est autre chose ».  Parce que oui, certaines de nos hirondelles faisaient le trottoir. Mais les meilleures on les a installé à bordeaux (en bordel si tu préfère). Mais question d’influence on les a réparti dans plusieurs boxons. Comme ça toute la ville connaît nos oiseaux.

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Je peux te dire qu’avec le grisbi en poche. On pouvait gaché (dragué) comme on voulait. Dès que je devais conseiller quelqu’un je lui disais d’aller voir chez la Païva et sur place demander Lulu la nantaise de la part de Coco le borgne. Là bas c’est le paradis de la brouette javanaise. Et Lulu, c’est la plus grosse visselarde de tout Panam. Elle adore se faire broutter le frifri jour et nuit. Ah Lulu …

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Elle m’a tout appris cette coquine. Je l’ai connu j’étais encore qu’une p’tite frappe qui tirait des morlingues (porte monnaies) histoire de survivre. Quand je la voyais j’avais le gourdin qui avait des envies d’ailleurs. J’avais commencé mon affaire avec Alphonse et ça marchait pas très fort. Du coup je suis allé la voir pour prendre des conseils. Et au final c’est elle qui m’a tout appris. C’est elle m’a dit « un client qui rapporte, c’est un client à qui le braquemard déchire le calebard« . Au final, elle a raison, tout est une question d’envie. L’envie rapporte de l’argent. Elle avait tout compris.

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Bref c’est pas tout mais faut qu’j’ailles chercher le carburant (alcool) pour approvisionner les tire-bouchons de c’soir. Eh bah oui ! Avant qu’ils l’aient au garde à vous faut bien qu’ils picolent ces poivreaux. Ils cracheront mieux leur mornifle et ça c’est bon pour les affaires. Fin’bon !