Déclaration d’amour à l’aligot ou le vrai bonheur dans ton assiette.

L’Aligot ce n’est pas un plat, c’est une divinité

aligot

Je t’ai rencontré il y a quelques années maintenant, un soir d’hiver quand ma colocataire de l’époque avait décidé de nous concocter un bon plat fort en calories et en réconfort. À première vue, tu n’étais pas vraiment mon style : trop épais, trop compact, trop rustre et jaune. Mais je ne suis pas de celles qui s’arrêtent au physique. Alors j’ai essayé d’apprendre à te connaitre. Dès la première bouchée, j’ai su que tu n’étais pas comme les autres. J’ai laissé mes principes de côté ce soir-là pour te dévorer et même pour commettre l’impensable : me resservir.

Depuis ce moment, tu hantes mes nuits. Je pense à toi constamment et cherche à te revoir dès que j’en ai l’occasion. Plus qu’un amour passager, les sentiments que j’éprouve pour toi sont sans équivoque. Quand tu es à mes côtés, plus rien ne compte, j’ai l’impression de retourner en enfance, de revivre ce moment magique que je ressentais quand ma mère me préparait une bonne purée. Alors oui, ton physique a pu être un problème au début, mais tout le reste en vaut la peine. Tu n’es pas comme ces autres qui ne sont que des fromages sans âmes qui coulent vulgairement dès qu’un couteau s’approche d’eux. Toi tu as ta carapace, tu es moins docile, moins facile et c’est ce caractère qui me plait tant. 

À LIRE :   Sandra Avila Beltran, "reine du Pacifique" et "Madame Cocaïne" !
aligot

Oui, tu ne t’appelles pas « Brillat Savarin » et alors ? Tu es fait de douceur, de tendresse, de chaleur et surtout de tomme fraiche d’Auvergnedélicieuse région – de pommes de terre farineuses – miam – de beurre, crème fraîche, ail/sel/poivre…. LA VIE QUOI.

Je sais que je dois te partager et c’est toujours un pas que je n’arrive pas à franchir. Après toutes ces années ma fidélité est restée intacte. Contrairement aux autres, je n’ai jamais cédé à l’appel du Don Juan Raclette ni de son rival Fondue. Il n’y a que toi et il n’y aura toujours que toi. Parce-que tu es mon Aligot à moi. Mon bonheur, ma vie. Et je m’excuse de devoir te laisser partir le lendemain, dans cet état, à chaque fois… – Seul.e.s les vrai.e.s dégelasses comprendront cette phrase.

Bon, même si c’est difficile, je vais laisser aux lecteurs la possibilité de te découvrir ou redécouvrir grâce à une recette trouvée sur les réseaux. Ne m’oublie pas aligot. Ali j’y go, je vais me faire un gigot – Elle a osé putain.  

Source : Mon p’tit coeur.