Vague de suicide et jeu morbide « Blue Whale »

En Russie, les jeux de la mort fleurissent sur les réseaux sociaux.

On vous en avait déjà parlé il y a quelques temps, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’était pas la nouvelle la plus funky qui soit. Depuis quelques semaines, les groupes de la mort en Russie refont parler d’eux…

En mai 2016, le quotidien russe Novaïa Gazeta publiait une enquête glaçante au sujet d’une vague de suicides chez les jeunes russes. À Riazan en février 2016, près de Moscou, Elia et trois autres adolescentes se donnent la mort en direct sur Facebook, incitant de nombreux autres adolescents à franchir le pas. Elles avaient toutes entre 12 et 16 ans, et faisaient partie d’un groupe VKontakte (Facebook Russe) secret : F57.

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Profil de plusieurs des adolescentes décédées en février 2017, en Sibérie.

Si l’on vous en reparle, c’est car il y a à peine un mois, en février 2017, quatre adolescentes âgées de 14 à 16 ans ont trouvé la mort en sautant du toit de leur immeuble ou en se jetant sous un train. Une d’elle avait publié sur VKontakte l’alertant message « End » illustré à l’aide d’une baleine bleue, symbole des groupes morbides secrets tels que F57. Grâce à l’enquête de la journaliste, l’existence de ces groupes a été mise en lumière, de la même manière que l’on a partiellement découvert ce qu’il s’y passe. Les jeunes, après avoir été acceptés par les administrateurs, doivent « valider » plusieurs étapes pour accéder à un statut plus important, et acquérir plus de reconnaissances sur les réseaux sociaux. La dernière étape est celle du suicide. 

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Philipp Budeikin serait à l’origine du jeu « Blue Whale » sur VK.

Manipulés par un jeu de la mort : « Blue Whale » ?

La police locale, remuée par les morts soudaines des jeunes filles au mois de février, est sur une piste encore plus dark et glauque que ce que l’on pensait… Les groupes sur VK ne seraient pas « seulement » ponctués de mini-défis, mais seraient un réel jeu grandeur nature avec ses administrateurs et ses participants. Ce jeu s’appellerait « Blue Whale » (Baleine Bleue) et serait constitué de 50 niveaux avec comme défis : se lever à une heure précise dans la nuit pour écouter de la musique mélancolique, se taillader le bras ou la jambe avec un couteau, chercher un immeuble le plus haut possible, se lever chaque nuit à 4h20 du matin, et sauter du 15ème étage. Tout cela prouvé à l’aide de photographies publiées sur VKontakte par chaque participant. Cependant, la police locale n’a pas encore prouvé définitivement que ces groupes secrets sont à l’origine des 130 suicides commis précédemment.

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Depuis le 1er mars, Facebook a mis en place un dispositif de prévention du suicide.
Une intelligence artificielle est capable de cibler les messages et commentaires à tendance suicidaire pour proposer l’aide adéquate à l’utilisateur. Un message de soutien, le numéro d’une assistance personnelle, ou l’appel d’un proche peut lui être envoyé ou recommandé.
Sauf qu’en Russie, le réseau social national n’est pas Facebook mais VKontakte, et n’a donc pas la même réglementation que son grand frère. Et sur Internet, les phénomènes viraux sont un réel enfer à maîtriser et contrôler…

Source : The Siberian Times