FAKEAR dévoile sa bipolarité artistique

Fakear

Fakear présente ses deux facettes et nous transporte dans un univers parallèle

On a passé un bête de moment avec Fakear. C’est un artiste qui marche au feeling et ça lui va plutôt bien. On a pu écouter en exclue quelques nouveaux sons et on est sûrs qu’il ira loin. Son voyage ne fait que commencer et bonne nouvelle! Vous serez aussi de la partie !

• Fakear est un globe trotteur ?

Faire des voyages c’est quelque chose qui me passionne énormément, j’essaie d’en faire le plus possible en tant que vrai touriste avec mon sac à dos et en faisant du stop, de chopper des influences un peu de partout… J’imagine que ça se ressent dans ma musique. Je ne sais pas si je m’attribuerais ce petit nom tout seul, mais si on le fait pour moi je serai content!

Par exemple, je ne suis jamais allé au Japon et pourtant j’utilise des sonorités du genres. Mais j’aime bien l’idée de garder ma mentalité d’occidental, de ne pas y aller en vrai au moins ça m’empêche de casser le mythe ou peut-être d’être déçu; genre l’Afrique c’est Le Roi Lion, le Japon, les mangas et le Moyen-Orient t’imagines quelque chose de plus sensuel et enfumé… J’ai ses images là et je me dis que si j’y vais, je risque d’avoir une réalité différente qui va peut-être casser mon délire sur le lieux.

La pochette de mon EP, c’est l’ Islande, ça peut être un paysage finalement assez commun,  qui vont pourtant me faire penser à d’autres univers s’y rapprochant.

 

• Fakear : « Terme employé pour désigner des individus qui réalisent des actes semblant magiques ou surhumains ». Tu te sens un peu gourou de la musique ?

Je ne maîtrise pas du tout ce que je fais. J’ai un but spirituel et de feeling. Pour moi tu ne peux pas prendre rendez-vous avec l’inspiration, t’as un feeling et tu le fais, ou tu prends des notes… C’est vraiment quelque chose d’incontrôlable et d’incontrôlé. C’est vachement lié à mes émotions, et ma vie personnelle, qui me feront faire par la suite un morceau.

• Comment tu qualifes la musique électro ?

Il y a plein de sous genres dans la musique électro qui sont hyper codifiés. Je ne me sens pas vraiment appartenir à cet univers là par mon passé et ma culture musicale, mais je vois les compositeurs de musique électronique comme des « sur-compositeurs », je me dis que le mec fait vraiment tout tout seul. Il doit tout maitriser pour créer une seule et même musique à la différence d’un groupe de rock, par exemple.

• Il y a t’il une continuité dans toutes tes productions ? 

Je pense que je n’ai pas le même parcours que ceux qui écoutent ma musique, déjà il y a un avant et un après Morning In Japan. L’avant, c’était plus des essais où je me cherchais. Morning In Japan est le premier EP vraiment abouti; Dark Lands c’est pour moi vraiment le début d’une prise de possession de mon « vrai » style. La suite sera vraiment dans la continuité de Dark Land plus que de Morning in Japan. De là commence à en découler Like a Friend , Damas, j’ai fait plein d’autres morceaux dans cette descendance. C’est toujours une question de feeling, j’espère que ça puisse continuer comme ça sans que je sois orienté dans des directions que je n’aurais pas choisi à la base. Je me dis toujours qu’il y a Théo qui produit et compose et Fakear qui joue. Théo les compose, Fakear fait la sélection, c’est comme une bipolarité artistique, avec des buts différents que Théo et Fakear essaient de réunir en un seul et même son.

• Est ce que Fakear pourrait s’écouter au Buddha-Bar ?

Je pense oui. Souvent, je me suis dit que je pourrais très bien faire de la musique au Café Charbon qui est un lieu très petit où le son n’est pas très fort et faire un truc un peu lounge, à l’inverse, j’arrive à faire les Trans Musicales. Dans les deux cas, il y a une dimension vraiment différente, mais qui s’adapte à l’ambiance et au lieux. Je trouve ça cool, parce que ce n’est pas une musique qui a besoin de s’écouter forcément fort.

• Comment est-ce que tu choisis les titres de tes sons? 

C’est hyper bizarre aussi, c’est du feeling encore une fois. Parfois, c’est carrément évident et parfois, pas du tout. C’est souvent à la fin de la composition de mon morceau que je me dis « tiens, il porterait bien ce nom là »; un peu comme pour un bébé, tu fais le bébé et la première fois que tu le vois, tu te dis « ça lui irait bien ce prénom »… C’est un peu le même principe. Par exemple, un morceau comme Damas était évident parce que ce sont que des samples de musique syrienne. Il y a des titres plus ou moins liés à ma vie aussi, du genre Like a Friend, mais je ne vous dirais pas quoi… (rires)

• Le public parisien est il difficile à satisfaire? 

Pas du tout, c’est l’un des plus cool! Ma première date parisienne était au Trianon, je me suis dit que j’allais me faire lyncher, alors que non. A Paris, ça a toujours été mortel, il y  a une certaine constante, le public a été là au début et il est toujours là.

• T’écoutes quoi comme musique ?

Musique électro quand même, mais de tout! Comme radio, j’écoute Fip tout le temps, donc tu vois …  d’ailleurs je leur dois la plupart de mes sons. J’écoute à fond Bonobo, Flume et du vieux rock.  De la world musique aussi, de plus en plus parce que ça défonce! Les africain mettent une branlé à ceux qui font de la drum and bass.

• Quel est le meilleur endroit pour écouter ton son? 

Dans le train. Tu te laisses porter et tu regardes le paysage. J’ai eu plein d’inspiration pendant des voyages en train ou même en bus. Ou alors dans un lit dans le noir.

 

Fakear-theo

• Quelles sont tes résolutions pour  2014?

Ce qui m’est arrivé cette année c’est déjà complètement ouf ! J’espère continuer sur la même voie. J’ai plein de projets qui ont démarré. J’ai trouvé une chanteuse et on a déjà enregistré 2 ou 3 trucs, ça se présente plutôt bien. Après, rester sincère. Je veux rester un être humain et ne pas avoir à me prostituer.

• Es-tu Open Minded ?

Je pense l’être. C’est un peu con de dire ça comme ça, mais si je n’étais pas dans la musique, je serait travailleur social. Dans ma musique je suis ouvert d’esprit parce que je n’ai pas envie de faire de la musique universelle, j’aimerai faire quelque chose qui parle au plus de monde possible. J’essaie de retrouver la naïveté que j’avais quand j’étais gosse, et de sensibiliser les gens par ma sincérité.

Viens écouter Dark Lands si ce n’est pas déjà fait