1995 – Paris Sud Minute

Il me tardait d’aller battre le pavé rue des Fossés Saint Jacques pour enfin entendre ce premier album de 1995. Agacée par le teasing des titres incessant sur les réseaux sociaux, c’est logiquement à la première heure ce matin que j’ouvre les portes d’Universal pour découvrir les 17 titres de Paris Sud Minute. On en savait pas grand chose, si ce n’est (attention teasing) qu’il comporte deux prods US, une de fan, et un sample de Booba, tout le reste étant signé DJ Lo. Salle de réunion, l’album s’ouvre sur « Big Bang Théorie » dans un silence quasi-religieux.

C’est parti. Une heure et demi plus tard et à chaud, que nous révèle ce Paris Sud Minute? On dresse pour vous en cinq points ce qu’il faut en retenir :

1. Les petits ont grandi. Au risque de décevoir certains de leurs fans. Mais ce sera également l’occasion de prouver ou non à leurs détracteurs que leurs auditeurs ont aussi une culture rap viable, s’il en est, et que leur oreille a été assez échauffée les deux dernières années pour accueillir ce Paris Sud Minute comme il se doit. Moins frais, plus jazzy, inégal mais pourtant loin d’être baclé, ce premier album sonne déjà comme une deuxième, voir un troisième. Voilà qui devrait mettre à l’aise les adultes un peu stupides et réticents désireux d’écouter un rap « d’adulte », là encore, s’il en est. Et les plus jeunes trouveront leur compte dans « Réel », deuxième single bouillonnant. Le reste du monde aussi.

2. Fonky Flav a pris du niveau. Et de la place. En avant sur la quasi totalité des titres de l’album, son flow est n’a quasiment plus grand chose à envier aux autres. Et c’est seulement maintenant qu’on se rend compte qu’il a toujours été là, dans l’ombre mais ô combien nécessaire sur les 2 EPs précédents. Technique et désormais à l’aise dans un rap virulent, racé et incisif, FF ouvre sans complexe certains des meilleurs morceaux, et fait la différence sur la moitié de l’album. Big up !

3. Tout seul, c’est bien; ensemble, c’est mieux. Sur cet album comme sur scène, il s’avère que les meilleurs morceaux restent ceux ou les 5 Mcs rappent en même temps. Dans un faux bordel organisé, flows, voix, rimes s’entremêlent avec grâce dans un dynamisme diablement efficace et nous rappelle les meilleures heures d’1995, si l’on peut se permettre.

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