Où va la Mode ? Bye bye Balenciaga

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La nouvelle tombait il y a quelques heures, le petit prodige de la maison dirigée par le groupe PPR quitte le navire.
Balenciaga, qui était à l’honneur, jusqu’au 28 Octobre dernier, lors d’ une exposition du musée Galliera hors les murs (accueillie par la Cité de la Mode et du Design de Paris) sur les collections de son fondateur, voit en effet Nicolas Ghesquière, son directeur artistique et sauveur depuis 15 ans lui tirer sa révérence.
Les deux partis assurent qu’il s’agit d’une décision préparée et réfléchie par celui qui avait remporté le titre de Créateur International de l’année 2001, alors en concurrence directe avec des monstres sacrés tels que Karl Lagerfeld ou Alexander Mc Queen. Il laisse derrière cette décision l’étonnement de ses admirateurs et des questions en suspens.

Car, plus qu’un employé de la marque avant-gardiste fondée en 1918, Nicolas était parvenu a saisir toute l’excentricité de la maison, lui conservant son mystère et parfois même sa part de concept incompréhensible. Tout comme Tom Ford l’avait fait avec Gucci et Lagerfeld avec Chanel, Ghesquière avait réveillé les créations d’un long sommeil de 40 ans, suite à la fermeture de la maison par son créateur, qui dit à l’époque ne plus comprendre le prêt-à-porter.

Le groupe PPR, a déjà relevé avec brio des défis de taille. Détenteur de plusieurs maisons de couture, il a fallu faire face à la perte d’un de leur plus brillant créateur, le visionnaire écorché vif Alexander Mc Queen. La célèbre maison anglaise a depuis célébré de belles victoires telles que la création de la robe de mariée de la Duchesse Kate Middleton, et affiche une collection 2012-2013 forte de coupes architecturales et de matières nobles, arborant fièrement le raffinement et la patte légendaire de l’enseigne.

Le mystère reste cependant entier en ce qui concerne le Directeur artistique de 41 ans. Son départ arrive dans la lignée des grands changements de cette saison, avec l’arrivée de Raph Simons au sein de Dior et d’Hedi Slimane chez Yves Saint Laurent (ou Saint Laurent Paris, à vous de voir). Va-t-il se rediriger vers ses premières collaborations ? Il avait très tôt côtoyé les grands noms de la mode « à la française » tel que Jean Paul Gaultier. C’est peu probable. Après la liberté totale d’action que lui accordait Balenciaga, si il doit refaire parler de lui, on ne l’imagine plus « travailler pour ». Et bien que chaque créateur ait son excentricité, qui pourrait encaisser les visions quasi extra terrestres des défilés concept de Ghesquière ?

Personnellement, je me sens tout à fait prête à porter du Ghesquière Paris. A moins qu’il n’ait décidé, comme le créateur de la maison qu’il a ressuscité, de se retirer des lumières, se considérant arrivé à destination dans sa création. Peu de chance aussi. Espérons que l’enseigne espagnole prenne un nouveau tournant et ne se trouve pas en dead end !

Magdaléna.