MPY WAS HERE

MPY was here

MPY was here. Mais il était où ? Puis c’est qui ?

Aujourd’hui petit détour sur un autre créatif de talent après l’équipe de Strangerous Artworks parlons de Melchior aka MPY et son univers typographique noir et blanc

En 3 mots petite présentation sur toi et ton parcours ca donnerait quoi ?

Je suis free-lance depuis 5 ans environ, je vis et travaille à Paris. En sortant de l’école j’ai travaillé à l’atelier graphique du label Naïve, pour poursuivre en free-lance depuis, très peu d’agence et beaucoup de clients en direct, c’est une direction qui s’est faite sans décision particulière, plus par bouche à oreille qu’autre chose.

Ton portfolio est très Black & White, parti-pris graphique ou suppression malencontreuse du nuancier Illustrator ?

Je travaille exclusivement en noir et blanc pour mes recherches, les couleurs venant selon le projet, comme je fais pas mal de typo c’est plus un souci de lisibilité pendant le process qu’un maniérisme. Mais j’avoue une grosse inclinaison pour le noir et blanc de façon général, si ça fonctionne en N/B alors je n’y touche plus, là ou certains y voient une simplicité j’y vois une certaine épure. Même si jai une écriture assez dense, mais j’essais de rester « simple », sans formalisme.

Quelles sont tes influences ? ( musicale, graphique, mags … )

J’ai fais un peu de skate, un peu de graffiti, d’une manière générale j’ai une culture plutôt « street ». Musicalement je suis très jazz, hard bop, fusion, soul et aussi énormément rap français d’avant le drame.
Je fais de la photo depuis 3 ans et bizarrement je n’achète plus que ça, alors qu’avant je compilais les livres sur le graphisme suisse, les photo-montages et les affiches soviétiques, pas mal de livres d’éditions alors que je n’en fais jamais.
Sans me sentir proche d’eux dans le boulot au quotidien j’aime beaucoup les travaux de Philippe Apeloig, David Poulard et Catherine Zask, pour le côté « peu de signe pour une max d’effet ».
Niveau magazine, beaucoup de mode, ça va de Vogue à Self-Service, Purple, S Magazine à Garagisme (alors que je n’ai pas le permis !), de Désillusion à Numéro, et également feu Clark, Wad, Shoes-Up, les nouvelles revues érotiques aussi, enfin j’essai de lire un maximum de choses différentes.
Dernièrement j’ai découvert le 1er numéro d’Obsession, la DA est super et les intervenants sont de qualité.

Pour toi le site d’inspiration par excellence serait ?

Tumblr pour deux raisons, soit en cherchant des tumblr de gens qui postent uniquement leur production (plutôt en photo qu’en graphisme), soit pour la capacité des gens à crystaliser une vision précise et en même temps très éphémère des tendances, toute catégorie confondues. En ce moment je vais souvent sur http://jesuisperdu.tumblr.com/, le mec poste aussi bien de l’art que de la photo, et c’est toujours hyper intéressant.

La collaboration qui a été pour toi la plus formatrice ?

Street Tease, le magazine en ligne monté avec des copains en 2007, grâce au mag je me suis mis à la photo, à écrire, à produire des visuels qui me plaisent et à rencontrer des gens chanmés.
Sinon je dirai d’avoir bossé sur la marque de skate Gamble pendant un peu moins d’un an, pour la première fois je décidais d’une direction globale sur l’image, des boards au site, du motion design de la vidéo au design des roues, mais le projet est down depuis.

Raconte moi la pire galère que tu es eu avec un de tes clients ?

Comme tout le monde en sortant d’école, tu es sur-motivé pour bosser, produire du signe et passer d’un book scolaire à un book « pour de vrai », on a tous eu des histoires de mecs qui montent des projets, qui te font bosser pour rien et disparaissent, j’avoue n’avoir jamais été une bombe pour faire des contrats avant de commencer à bosser au début, mais j’ai vite changé de façon de faire après ça !
Sinon dans les grands classiques qu’on a tous eu, il y a eu une pochette pour Naïve qui a durée 6 mois, on a du faire 80 versions, décaler deux fois la sortie du disque, fait des frais de retouches, pour qu’au final l’artiste prenne la 1ère version, et modifie à nouveau absolument tout à un jour de l’envoi en fabrication, bousillant au passage les deux nuits blanches que j’avais passé à tout re-re-re-faire. Je lâcherai pas le nom de l’artiste mais depuis je ne peux plus écouter sa musique, alors que j’adorai au début…

L’outil qui ne te quitte jamais ?

Un petit argentique Olympus Mju 2 bien compact, avec lequel je shoot tout et surtout n’importe quoi. J’ai fais des pola pendant des années, mais la grosseur de l’appareil était contraignante à transporter toute la journée, j’ai du me mettre à l’argentique il y a deux ans, je marche beaucoup dans Paris et il y a toujours un truc stupide à prendre en photo. La plupart des photos finissent sur mon Tumblr http://mpywashere.tumblr.com/

As tu d’autres projets dans la vie sur lesquels tu travailles ?

Je fais Street Tease depuis 2007 avec des copains, j’y fais la DA, les posts qui traitent de streetwear et de cultures urbaines en générale, ainsi que du RP puisque je suis souvent dehors. On avait pas de budget pour payer un photographe au début, alors je m’y suis mis à la Mondino (à l’arrache, sans connaître son matériel), pour y prendre vraiment goût entre temps. Maintenant je fais aussi quelques lookbooks pour des marques rencontrées grâce au magazine justement.
La photo de mode (street, donc je dis mode avec énormément de relativité), comparée au graphisme que je fais seul, c’est l’occasion de produire à plusieurs et de sortir des photos qui correspondent à l’image du magazine, en jouant à trouver un équilibre entre la mise en avant des produits et de créer une atmosphère dans laquelle les gens peuvent se retrouver, un lifestyle qui colle avec ma culture et ce que j’aime.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour l’avenir ?

J’ai pas montré (ou si peu) mon boulot depuis ces trois dernières années, au point qu’une partie des gens de mon réseau m’associe exclusivement à Street Tease (et ils avaient raison), et très peu au graphisme alors que c’est mon activité principale. Avec le site j’ai désormais envie d’aller me frotter à des projets en agence, et aussi d’aller plus loin dans le lettering.

Le mot de la fin

Hier c’était l’anniversaire de la naissance de Biggie Smalls, alors je lui dédicace celle ci :
« When I die, fuck it i wanna go to hell,Cause I’m a piece of shit, it ain’t hard to fucking tell »

Site web : MPY WAS HERE.