Miike Snow, à base de Suède, Happy To You, Blob et Ingrid.

Miike Snow

Hey yo Miike Snow, vous êtes qui ?

Miike Snow, c’est l’association de l’américain Andrew Wyatt et des suédois Christian Karlsson et Pontus Winnberg. Originaire de Stockholm, le groupe a sorti un premier album éponyme en 2009. De la pop « à la suédoise », cet album était très prometteur et on en retient également les différents remixes sortis avec les singles (notamment ceux de DJ Mehdi, Emalkay ou encore Caspa).

2012, le trio sort son deuxième album, Happy To You, confirmant les qualités de production dévoilées auparavant. Happy To You, c’est le genre d’album qui te donne envie de sillonner les routes enneigées de Suède au coucher du soleil.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ( et ça serait con ), Miike Snow se définit comme « le mélange entre l’homme et la machine » , ce qu’ils illustrent très bien avec le Blob, cette machine faite maison qu’ils utilisent pour leurs lives. Les deux suédois du groupe ont connu un grand succès pour avoir produit notamment certains titres de Britney Spears, mais ça, c’est du passé.
Ayant pour amis les suédois Lykke Li ou Peter Bjorn & John, ils ont récemment pris l’initiative de créer le label Ingrid, regroupant certains artistes originaires du pays nordique (mais pas que !).
Nous avons eu l’occasion de rencontrer les membres du groupe pour leur poser quelques questions. Au milieu d’une tournée et enchaînant les journées promo, c’est dans une ambiance posée, autour d’un peu de vin français, que j’ai été accueilli.

Voici le compte-rendu :

J’imagine que je ne suis pas le seul à vous interviewer et j’espère que vous n’en avez pas marre et que vous serez bavards… Est-ce que vous profitez de votre séjour en France ou est-ce que ce n’est que pour la promo ?

Nous sommes déjà venus en France avant… Mais ce séjour se résume à cette salle.

Qu’est-ce que vous avez aimé en France ?

J’aime Paris, le vin, la côte d’Azur, avec la mer… J’ai des amis qui ont une vigne là-bas, j’aime la campagne.

Si vous êtes ici aujourd’hui c’est parceque vous avez sortis il y a peu votre deuxième album, Happy To You, que nous avons écoutez attentivement. qu’elle a était pour vous le message a transmettre a travers ce deuxième album? Quelle évolution pour vous y a t’il eu depuis la production de « Miike Snow »

– Je ne sais pas s’il y a un message en fait. Je pense que c’est plus une question d’émotion que tu ressens avec la musique. C’est juste quelque chose d’émotionnel, pas un message rationnel que tu peux traduire avec des mots.
– Je pense que c’est comme ça en général. Il y a une sorte de point de vue ou de sujet mais ils sont abstraits. C’est difficile de répondre à cette question.

Comment ressentez-vous l’évolution entre les deux albums ?

Il se trouve que cette fois on savait qu’on préparait un album. Le premier, on écrivait et enregistrait des morceaux qui éventuellement pouvaient finir sur un album… C’est la grosse différence.

Sur Pitchfork on a pu lire : « Singer Andrew Wyatt is by no means a bad vocalist, but he has a thin, reedy presence that’s probably better suited for bedside indie fare than pop songs with beats and trust. » On est pas tellement d’accord avec cela je pense que la voix d’andrew caractérise parfaitement le groupe et que le coté ‘pop’ qui va avec en fait sa force et se démarque bien justement du reste. On essaye un peu trop de vous comparer a d’autre groupe, certains parlent de Passion Pit, d’autres de Mgmt. Vous en pensez quoi ?

Pour répondre à la première remarque, c’est vraiment des conneries. C’est compliqué pour nous, on n’a pas l’impression d’appartenir à une scène en particulier et si les gens le pensent, ça ne nous dérange pas. On ne fait pas partie d’un mouvement ou d’une scène ou je ne sais quoi, c’est juste nous qui sommes en studio et ça donne Miike Snow, c’est aussi simple que ça.

Une autre chose que l’on a pu remarquer jusque là également, c’est l’éclectisme de vos remueurs sur vos différents EP de Tiga à Emalkay en passant par Netsky, Jacque Lu Cont et Wolfgang Gartner, comment se fait pour vous ce choix ?

Il y a des amis, il y a des gens qui nous ont demandé s’ils pouvaient nous remixer. La plupart sont des grands fans et très talentueux. La plupart des remixes sont des morceaux genre dance mais il y en a d’autres très intéressants. Je trouve ça cool de voir quelqu’un travailler ton morceau d’une manière complètement différente.

Est-ce qu’il y a une volonté d’atteindre d’autres scènes comme les clubs etc… ?

Je ne pense pas que ce soit le but, c’est vraiment un moyen d’entendre le travail d’un autre musicien sur ta musique.

Et qui voudriez-vous entendre remixer vos prochains titres ?

– On a déjà pas mal de potes qui les ont déjà préparés, d’autres qui sont en train de travailler dessus. Il y en a plein qui seront cools à travailler. Si on rêvait, quelqu’un comme Eno ou une personne iconique, sans forcément être liée à la dance music. Quand tu fais un remix, c’est une chose si tu fais ça pour les dance floors, ce qui est très très cool, mais nous en avons déjà beaucoup et on peut en avoir encore plus, ça serait intéressant d’avoir quelqu’un qui le retourne complètement pour obtenir quelque chose.
– Comme Eliane Radigue. Une compositrice de musique électronique, il faut écouter.

Pour rester sur le nouvel album, il s’accompagne dun clip dirigé par Andreas Nillson. Qui a eu l’idée de partir sur la saga de Jean Noel et de mettre en vidéo cet « homme parfait » qui est cité ?

C’est quelque chose sur lequel on est arrivé avec Andreas. Pas exactement ça, mais le thème autour de l’album. On lui a parlé, on est des gros fans de ce qu’il fait. On avait déjà travaillé avec lui sur le premier album… C’est l’esprit tordu d’Andreas auquel on a ajouté notre touche.
Et l’homme parfait, l’humain parfait, qui l’a imaginé comme ça ?
Je ne sais pas, peut-être qu’après nous avoir rencontrés, Andreas est rentré chez lui et s’est dit « comment ça se fait, comment peuvent-ils être si parfaits ? » (rires). Non, sérieusement, on a juste discuté de tout et de rien. Pendant un diner on s’est échangé des idées… On a parlé de tout ce qu’on trouvait fascinant dans la vie, puis il est venu avec ce truc. Je pense que c’est aux gens de le définir, c’est ce que c’est.

Et dans quel sens est-il parfait ?

Je ne sais pas s’il est parfait. Je crois que quelqu’un le trouve parfait, mais je ne sais pas qui.

Parlez nous la musique indie en Suède, j’ai l’impression que ce pays est vraiment le roi de la pop en Europe ?

Les gens pensent que c’est une sorte de scène. La Suède est un petit pays donc si tu fais de la musique là-bas, particulièrement à Stockholm, tu connais à peu près tout le monde. En fait c’est plus le fait d’être amis qu’un courant… Je ne sais pas pourquoi il y a un tel engouement vis-à-vis de la population suédoise. Peut-être qu’il fait tellement froid qu’on a rien à faire à part écrire des chansons. Comparé aux autres pays, on doit écrire dix fois plus de morceaux.

D’où vous est venue l’idée de créer un label avec des artistes suédois ?

C’était naturel et évident. On se connait tous, on a tous des studios dans le même quartier, on sort tous aux mêmes endroits, on fait à peu près les mêmes choses… On avait vraiment envie de le faire, je suis surpris que ça ne se soit pas fait plus tôt.

Pouvez-vous nous dire ce que vous aimé en Suède ?

Il faut aller à Stockholm en été, c’est très froid et sombre en hiver, tu peux demander à Andrew. Si tu vas à Stockholm, il faut faire un tour chez nos amis à Melchist, là où on sort tous.
Stockholm est faite de petites îles. Andrew et moi avons chacun une maison sur l’archipel. Elles sont en dehors de Stockholm et il y a des bateaux qui vont d’île en île, c’est très beau.

On a entendu parler de Last of April, la fête en Suède qui était à la base traditionnelle mais qui s’est transformée en grosse fête, qu’est-ce que vous y faites ?

Tu as raison ! C’est pour les ados, si tu as 15 ans tu te la colles avec tes potes.

Donc c’est ce que vous faisiez ?

Ouais !

Vous venez d’annoncer beaucoup de sorties pour avril, à quoi peut-on s’attendre sur l’année ?

Je crois qu’on a cinq ou six albums qui sortiront cette année. Tout le monde dans l’équipe est super excité, vous pouvez vous attendre à beaucoup !

Envisagez-vous d’intégrer des artistes d’autres pays que la Suède ?

Ce n’est pas juste quelque chose de suédois. Il y a aussi des gens qui ne sont pas de Suède mais tout est parti d’un endroit spécifique de Stockholm, c’est là que nos amis aiment sortir. C’est sympa de pas faire du label un truc énorme, de garder cet esprit intimiste pour commencer… Au moins le temps de sortir plus de choses.

En live vous jouez avec cet énorme machine que vous avez construite vous même, The Blob, vous pouvez nous en parlez un peu ? C’est quelque chose qui se fait rare de construire soi même ses machines pour les lives. Cela correspond à l’esprit Miike Snow et quelque part cela fait votre charme, cet esprit d’indépendance, de tout vouloir faire soi même le même qui vous a poussé à monter votre label.

C’est un choix important que nous avons fait après avoir terminé le dernier album, nous ne voulions pas utiliser d’ordinateur sur scène ni jouer une piste de fond enregistrée. Il y a quand même des éléments qui, d’après moi, doivent être joués à la machine. C’est Miike Snow : le mélange de l’homme et de la machine. C’est bizarre qu’une telle machine n’existe pas déjà. Il y a déjà ces machines où tu appuies sur play et ça te joue une piste, mais tu peux pas vraiment la contrôler plus, ça reste comme un ordinateur, des trucs pré-enregistrés, donc on devait créer cette machine. C’est un peu construit comme un vieux synthé et ça peut jouer différentes boucles, lancer différents samples et sons. Elle est énorme et il y a plein d’ampoules dessus.

Comme vous êtes un groupe de trois personnes, il y a trois personnalités… Est-ce que vous avez des histoires à nous raconter sur vos relations ? Des anecdotes ?

Il y en a beaucoup mais nous n’en parlerons pas, on pourrait commencer à se battre.

Qu’aimeriez-vous faire si vous n’étiez pas dans la musique ?

– Ca pourrait être n’importe quoi, je me suis jamais posé la question.
– Probablement prof ou un truc comme ça.

Vous préférez les petites scènes ou les grandes ?

– Ce sont deux choses différentes. C’est super de jouer pour des grosses foules mais j’aime aussi beaucoup l’intimité, même si parfois ça peut être étrange. On a joué au Danemark dans une petite salle dans laquelle on est habitués à jouer et je pense qu’on y joue différemment. Tu ne fais pas une fixation sur la foule qui, musicalement parlant, t’amène plus loin.
– Ce sont vraiment deux choses différentes, entre un festival et une petite salle. Le feeling est vraiment différent et je pense aussi qu’on joue différemment.

Quels sont vos coups de cœur musicaux du moment ?

– Delia Derbyshire
– En ce moment j’écoute un peu de R. Steevie Moore et puis j’aime beaucoup Julia Holter.
– Gesaffelstein et Brodinski, c’est un pote.

Merci beaucoup pour cet entretien les gars ! En espérant vous revoir pour votre huitième album !

-Liknks-
Miike Snow
Ingrid

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