« SHE » la série hypnotisante et surprenante de Valentin Bertrand

Quand le talent rencontre l’originalité

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Rencontre avec Valentin Bertrand, jeune photographe Montpelliérain. Alors que cela fait seulement quelques mois qu’il s’est lancé dans la photo, Valentin a rapidement fait parler de lui, notamment pour une série appelée « SHE » dans laquelle il met en scène un mannequin en résine dans des lieux et des situations pour les moins originaux. Nous l’avons rencontré pour une interview exclusive.

Quel est ton parcours ? 

J’ai grandi à Montpellier, à 18 ans je suis parti faire mes études à Toulouse. J’ai fait une licence en anglais et en espagnol de communication et d’information. Pour mon stage de fin d’études, j’ai décidé de partir à Shangaï et ce voyage, qui devait durer 4 mois, a finalement duré deux ans. C’est là que j’ai commencé à faire de la photographie. L’inspiration était à chaque coin de rues et l’envie d’immortaliser mon expérience m’a poussé à me lancer. 

Pourquoi la photographie ? 

J’aime l’aspect « réel » de la photographie, on ne peut pas tricher, sauf pour le montage, que je ne porte pas vraiment dans mon coeur. Ce n’est qu’une question de prise de vue, d’angle, de lumière et d’instants. Et puis, c’est un moyen d’expression simple et efficace. 

Pourquoi avoir choisi un mannequin pour ta série « SHE » ? Qu’est-ce qui t’a attiré chez elle ?

C’est un mannequin en résine du début des années 1990, un objet de collection et si je l’ai choisi, c’est parce que je l’ai trouvé intrigant. C’est une égérie comme une autre, humaine ou non, elle n’en est pas pour autant moins spéciale que beaucoup d »humaines. Elle au moins, elle fait réagir, elle véhicule un message. Et puis avec cette série, les avis sont souvent tranchés : on adore ou on déteste, il n’y a pas de demi-mesure et j’aime ça. »

Est-ce qu’elle a un prénom  ?

Yes ! Jessica 1m80, 15kg et parfaitement imberbe. 

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Est-ce que ton voyage à Shanghai a changé ta manière de prendre des photos ? 

Oui, cette ville m’a transformé. J’ai changé de regard sur énormément de choses, sur des détails de vie et d’architecture. J’ai commencé par prendre des ensembles, en faisant des généralités. Des photos banales. Et avec le temps mon regard s’est posé sur ce qui m’émerveillait le plus, tout en cherchant continuellement à découvrir  de nouveaux endroits surprenants. J’ai fait ma toute première série sur les rooftops de la ville, pratique complètement illégale qui m’a valu des problèmes avec les autorités locales mais qui m’a permis de mettre en image la solitude que l’on peut rencontrer dans une ville de plus de 20 millions de personnes

Tes influences ? 

Je n’en ai pas vraiment. J’ai dans un premier temps idolâtré le travail de Jennifer Bin, puis j’ai fini par choisir d’autres tendances, des choix plus personnels aussi influencés par les personnes avec qui j’aime faire de la photo, comme mes potes Quentin et Maxim, ils m’ont énormément appris. J’aime montrer la décadence et le vieillissement de notre société. J’aime l’urbex pour son coté post-apocalyptique. Ces lieux sont parfaits pour dénoncer le gâchis qui nous entoure. Ces endroits sont pleins de mélancolie, ils ont une histoire, une âme. C’est toujours très particulier d’y pénétrer.

Ta muse ?  

« Jessica » n’est ni plus ni moins que ma muse , elle met en scène une silhouette  humaine trop parfaite dans des paysages où on ne l’attend pas. Souvent désertiques. Au fond de moi, je me dis qu’elle s’échappe. Elle fuit peut être son image, ce qu’elle est, ce qu’elle symbolise. J’ai toujours été fasciné par l’utilisation des mannequins dans les vitrines de magasins. D’ailleurs, je ne comprends même pas que ça marche encore

Prochain(s) projet(s) ? 

J’aimerais embarquer mon mannequin en Syrie, plus précisément à Homs, pour pouvoir la shooter au milieu de ce qu’il reste de la ville. L’image serait pleines de symboles. Sinon un reportage en Corée du nord dans cette période très pesante. Ça me tente de plus en plus. Sinon j’aimerais beaucoup retourner en Chine, à Beijing, entre autre, pour capturer certains bâtiments complètement futuriste. L’Europe me tente aussi. Mais bon, pour l’instant je suis à Paris et je ne te cache pas que je galère un peu à trouver de l’inspiration. Mais ça va venir ! 

Comment tu définirais tes photos ? 

Je ne sais pas, je n’ai pas envie de les classer dans une quelconque catégorie. Tant que j’arrive à déclencher quelque chose chez la personne qui regarde. 

Allez, on vous laisse avec quelques photos de cette série « SHE » !

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