Etude sociologique : le Coca-Cola rend-t-il addict ?

coca cola

Rencontre avec Yousra, accro au Coca-Cola

Alors que les chiffres sur la consommation de drogue sont sans cesse en augmentation et que les études statistiques se multiplient, certaines addictions restent absentes de ces tristes tableaux. En 2013 encore, c’est le cannabis qui prenait la tête de tous les classements avec 78,9 millions des 15-64 ans qui l’avaient déjà expérimenté dans leur vie. En seconde position, la cocaïne avec 72.300 infractions recensées liées à sa consommation ou à sa possession. Sur la 3ème marche se trouvaient l’ecstasy et l’amphétamine suivis de l’héroïne.
Mais si nous sommes depuis la tendre enfance avertis sur les dangers de ces substances, un silence règne quand il s’agit d’évoquer les autres formes de dépendances aux produits légaux, mais tout –ou presque– aussi dangereux. Parmi eux, le monstre Coca-Cola.
Chaque seconde ils sont en moyenne 4 000 personnes à ouvrir une cannette/bouteille dans le monde. Nous avons décidé de partager avec vous le quotidien des oubliés de ces études statistiques et avons rencontré Yousra, addict au Coca-Cola depuis près de 7 ans.

Avec une consommation minimum de 4 cannettes par jour, Yousra ne peut se passer de Coca-Cola light et elle en est bien consciente. Son quotidien, une canette au petit déjeuner, une le midi, une pour le dîner et une dernière avant d’aller se coucher. Pourtant, Yousra déteste la junk food, elle ne jure que par les produits issus d’une agriculture biologique, elle ne fume pas, et ne prend aucune « drogue ».

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Alors, pourquoi Coca-Cola ?

« Je pensais que le Coca-Cola light était bon pour la santé. Sincèrement je ne me rappelle pas du moment où j’ai commencé à en avoir besoin plus qu’envie, c’est devenu ma routine. Quand je bois je me sens bien, je suis de bonne humeur, je digère mieux. »

Et si tu n’en bois pas pendant une journée, que se passe-t’il ?

« Tout le contraire, je ne me sens pas bien, je ressens un réel manque, je vais y penser toute la journée jusqu’au moment où je vais aller chercher ma canette. C’est d’ailleurs à ce moment là que je me suis rendue compte que j’étais dépendante au sens le plus stricte du terme. C’était en Bretagne, j’étais dans un village assez reculé dans lequel je vais depuis que je suis petite, il y a très peu de commerces. Pour pouvoir boire ma canette je devais passer plus d’une heure à marcher. Un matin, je n’ai plus tenu, j’ai fais le chemin, pour mes 33cl de bonheur« .

Ça ne t’a jamais inquiété, tu n’as jamais songé à arrêter ?

« Si. Après avoir vu un documentaire sur les dangers de l’aspartame j’avais décidé d’arrêter de boire du Coca-Cola light. Mais j’ai préféré reprendre, en me disant que, certains ont besoin de leur cigarette, moi de ma canette, c’est une addiction plus légère que les autres« .

Les cas comme celui de Yousra sont nombreux, la société de consommation a donné aux corps des consommateurs de nouveaux produits, plus chimiques et donc, plus addictifs. Le Coca-Cola n’est qu’un exemple.

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Bizarrement, lorsque l’on s’intéresse aux derniers chiffres de la multinationale rouge et blanche, il semblerait qu’elle ne soit plus en si bonne position face aux concurrents plus saints qu’offre désormais le marché de l’agro-alimentaire.

Étant montré du doigts par divers organisations et par certains dirigeants de l’état (Comme Michelle Obama qui lutte contre l’obésité), ces monstres de l’alimentation arrivent difficilement à convaincre comme ils avaient pu le faire à leur début et ne réussissent pas à améliorer leur image.

Peut être que d’ici quelques années, l’addiction que connait Yousra n’existera plus. En attendant, c’est 132cl d’aspartame, de colorant et de gaz qu’elle ingurgite chaque jour pour pouvoir « digérer »..